Torn curled folded

Marwan El Tibi, Alayam Magazine, Beyrut 2015

It is a work of precision, the artist photographer paula roush accomplished with Antoine Sfeir of Plan BEY and the Arab Image Foundation to present us “Torn, Folded, Curled”, the exhibition which was held from September 23 to 26, 2015 at Makan in Beirut.
A short history of unrecoverable photos …
“Torn, Folded, Curled” is the status given to unrecoverable pictures. Those which can neither restore or scan. The only way to keep them is to photograph, explains paula roush, photographer artist, researcher and teacher at the London South Bank University.
It was by pure chance that Paula had the opportunity to work on a small part of the photo archives of the Journal Al-Yom, abandoned after a long journey through the history of the civil war in Lebanon. For these photos, from archives impeccably kept by Al-Yom house founded in 1937 by Afif El Tibi, there was no indication the first trauma when the site of  the Al-Yom newspaper was dynamited in 1975. Those who were saved found themselves stored in a West Beirut apartment, who also had its share of misery when in 1989 during the war of “liberation”, an incendiary shell came violently to disperse their ranks.

 

At each stroke of fate, their number decreased, and the losses ceased being counted… Torn, Folded, Curled … personal archives and those of the newspaper were mixed, other family albums were joined to the batch. In the end, it’s a pile of yellowed old photos and judged to no good but to throw in the garbage, left behind after yet another move, which attracted the attention of the then Director of the Arab Image Foundation, which collaborated with paula roush. This time fate was on the good side, it gave them the opportunity to reveal themselves, to attract curiosity again and show off in daylight. They now belong to the Heritage … what an honor!

 

Antoine Sfeir Plan Bey and paula roush released a selection of these photos coupled with phrases from Elie Pierre Sabbag’s book “The shadow of a city”, printed on paper Favini Le Cirque 80g. A lovely memory book to keep. Once again put to the shelter in the premises of Al-Ayam magazine, other photos are waiting, full of hope for better days that they also allow them to tell their story … again. Another story, now linked to the archives of the newspaper Al-Yom, was also revealed by the exhibition at Makan through undeveloped photographs which belonged to banker RS. The images that come out of the never before developed films, amongst which naked women appear very comfortable on camera, show the Beirut of the years 50-60. They amaze, amuse or shock, depending. They especially do their work, that of preserving forever a proof that Lebanese society  knew, some time ago, how to be happy.

 

 

 

[original french version]

C’est un travail de précision, que l’artiste photographe paula roush a accompli avec Antoine Sfeir de Plan Bey et la Fondation Arabe pour l’Image afin de nous présenter “Torn, Folded, Curled”, l’exposition qui s’est déroulée du 23 au 26 Septembre 2015 au Makan à Beyrouth.

Petite histoire de photos irrécupérables…

 

«Torn, Folded, Curled» est le statut donné aux photos irrécupérables. Celles que l’on ne peut ni restaurer ni scanner. Le seul moyen de les conserver est de les photographier, comme l’explique Paula Roush, artiste photographe, chercheuse et enseignante à la London South Bank University.
C’est par un véritable hasard que paula a eu l’occasion de travailler sur une infime partie des photos des archives du Journal Al-Yom, abandonnées après un long périple à travers l’histoire de la guerre civile au Liban.  Pour ces photos, issues des archives impeccablement tenues par la maison Al-Yom fondée en 1937 par Afif El Tibi, rien ne laissait présager le premier traumatisme subi lorsque les locaux du journal Al-Yom sont dynamités en 1975. Celles qui ont pu être sauvées se retrouvent stockées dans un appartement de Beyrouth Ouest qui aura lui aussi son lot de misères lorsqu’en 1989, au cours de la guerre de « Libération », un obus incendiaire vint violement disperser leurs rangs.

 

A chaque coup du destin, leur nombre diminuait, on ne comptait plus les pertes…Torn, Folded, Curled…  les archives personnelles et celles du journal se mélangeaient, d’autres albums de famille venaient se joindre au lot. Au final, c’est un amas de vielles photos jaunies et jugées bonnes pour la poubelle, laissées pour compte après un énième déménagement, qui attirent l’attention de la Directrice de la Fondation Arabe pour l’Image avec laquelle collabore paula roush. Cette fois le destin était du bon côté, il leur a donné l’occasion de se révéler, d’attirer la curiosité à nouveau et de s’exhiber en plein jour. Elles appartiennent désormais au Patrimoine…quel honneur ! Antoine Sfeir de Plan Bey et paula roush ont publié une sélection de ces photos couplées à des phrases du livre de Elie-Pierre Sabbag « L’ombre d’une ville », imprimées sur papier Favini Le Cirque 80g. Un charmant ouvrage de mémoire à conserver.

 

Une nouvelle fois mises à l’abri dans les locaux du magazine Al-Ayam, les autres photos attendent, pleines d’espoir, des jours meilleurs qui leur permettront elles aussi de raconter leur histoire…une fois de plus. Une autre histoire, désormais liée à celle des archives du journal Al-Yom, fut également révélée par l’exposition au Makan à travers des photographies non développées ayant appartenu au banquier Elie-Pierre Sabbag. Les images qui en sortent, dont des femmes nues paraissant très à l’aise devant l’objectif, montrent le Beyrouth des années 50-60. Elles étonnent, amusent ou choquent, c’est selon. Elles font surtout leur travail, celui de conserver pour toujours une preuve que la société libanaise a su, autrefois, être heureuse. –